10h
Accueil, café, croissants
10h30
Julie Gilbert & Aurélie Olivier
Aurélie Olivier a fondé l’association Littérature, etc. en 2013, avec laquelle elle a inauguré Les Parleuses, séances de bouches à oreilles pour propagation du matrimoine littéraire, invitant des autricexs vivantes à faire découvrir des autricexs aujourd’hui décédéexs via des podcasts et des ateliers, et a également initié le recueil collectif Lettres aux jeunes poétesses (L’Arche, 2021), avant de publier ses deux propres recueils Mon corps de ferme et Cordon tombe aux éditions du commun. Autrice de théâtre, scénariste et aujourd’hui co-directrice du Théâtre du Loup à Genève, Julie Gilbert est à l’origine du projet La Bibliothèque sonore des femmes, une installation itinérante qui fait vivre le temps d’un coup de fil des écrivaines plus ou moins connues, sous la plume d’autricexs contemporaines. En amont ou en parallèle de leur propre œuvre, Aurélie Olivier et Julie Gilbert ont toutes deux beaucoup œuvré pour celles d’autres autricexs. À Lausanne, elles parleront de comment relier les voix, faire essaimer les traces de cellexs qui ont écrit avant nous et lutter contre l’effacement des femmes de l’histoire littéraire.
En français mit deutscher Übersetzung
Avec Julie Gilbert & Aurélie Olivier, modération: Marina Skalova
11h30-13h00
Ateliers d’action collective (1ère session)
Sur inscription.
Atelier: Access all areas
Kay Matter est dramaturge et auteur du roman inclassable Muskeln aus Plastik (“Muscles en plastique”, Hanser Berlin, 2024). Dans son travail artistique et Kay Matter est dramaturge et auteur du roman inclassable Muskeln aus Plastik (“Muscles en plastique”, Hanser Berlin, 2024). Dans son travail artistique et politique, il s’interroge sur les dynamiques d’accès et d’exclusion en lien avec la maladie chronique, le handicap ainsi qu’à d’autres formes de marginalisation. Lors de son atelier, nous nous demanderons comment mettre moins de barrières dans les espaces littéraires. Plus concrètement, nous nous pencherons sur le concept d’Access Rider et nous réfléchirons à comment il peut être introduit dans le quotidien d’artistes et d’institutions. Ce faisant, nous transposerons le terme de barrière de l’exclusion en raison d’un handicap à d’autres formes de discrimination comme le classisme, le racisme ou l’homo-/lesbo-/transphobie.
Deutsch/English avec traduction simultanée en français
Avec Kay Matter
Atelier: Comment torpiller ce qui torpille l’écriture des femmes
Joanna Russ est une autrice de science-fiction et essayiste américaine. En 1983, elle analysait de façon aussi limpide qu’ironique les stratégies et structures qui systématiquement marginalisent, rabaissent et empêchent l’écriture des femmes. En 2025, son livre est traduit pour la première fois en français par Cécile Hermellin pour les Éditions La Découverte – l’occasion pour nous de (re)lire ce texte qui sonne toujours aussi vrai. Azélie Fayolle est elle-même l’autrice de deux ouvrages de théorie critique sur l’effacement des femmes en littérature et le feminist gaze (Subvertir le male gaze, 2025, Des femmes et du style, 2023, aux Éditions Divergences). Via sa chaîne YouTube, elle s’efforce par ailleurs de transmettre ses lectures (en) féministes au plus grand nombre. Qui d’autre qu’elle pour nous guider dans le texte de Joanna Russ et, étape par étape, pulvériser les mécanismes qui “torpillent l’écriture des femmes”? Cet atelier consiste en une lecture collective et une discussion ouverte; des connaissances préalables ne sont pas nécessaires.
En français.
Avec: Azélie Fayolle
Atelier: Quelles places pour les féminismes en bibliothèque ?
En tant que lieu de partage des savoirs et de rencontres, les bibliothèques sont des actrices essentielles de notre société. Leur ancrage peut être institutionnel mais il existe aussi de nombreuses bibliothèques associatives. Au cours de cet atelier, nous échangerons à partir de nos expériences en lien avec les bibliothèques. Comment les bibliothèques peuvent-elles être des espaces féministes, luttant contre les discriminations et les inégalités ? Que ce soit au niveau des achats de livres, du catalogage, des événements, de la médiation culturelle, au sein même des équipes ou en tant que publics, nous partagerons des exemples de bonnes pratiques mais également les obstacles rencontrés. Nous imaginerons ensemble comment renforcer les liens entre bibliothèques publiques et associatives, comment mutualiser les ressources, mais aussi comment mieux accueillir les publics, dans toutes leurs diversités.
En français.
Avec Samia Swali (bibliothèque Filigrane à Genève), Elisabeth Longchamp Schneider (la Grenade, bibliothèque spécialisée du Bureau de l’égalité du canton de Fribourg) et Ana Lima De Oliveira (bibliothèques de Carouge).
Un atelier réalisé par le Laboratoire des bibliothèques, service de médiation culturelle de la fondation Bibliomedia.
Atelier: Kommen wir zur Sprache?
«Ich weiss nicht, ob wir ein Bewusstsein dafür haben, wie sehr wir, wenn wir heute schreiben, von den Texten derer leben, die geschrieben haben. Dass wir für sie verantwortlich sind, ihnen antworten, denn wir leben von ihren Texten», fragt sich Friederike Kretzen und erinnert an die vielen Frauen, die schreiben wollten, geschrieben haben und dafür ihr Leben eingesetzt haben. Eine Arbeit, die mit «Widerstand und Übermut» zu tun hat. Dies auch der Titel des Buchs, in dem sich Valerie-Katharina Meyer gemeinsam mit Nadia Brügger auf Spurensuche nach Schweizer Schriftstellerinnen der 1970er-Jahre, ihren Texten und wie diese die Schweizer Literaturlandschaft verändert haben, begeben haben (Hier und Jetzt, 2025). Zwei Autorinnen, zwei Generationen von Schreibenden eröffnen ein Gespräch über Vergessen, Tradierung und ein Schreiben, in dem all das mitschreibt, was immer wieder nicht zur Sprache kommt.
Auf Deutsch.
Mit Friederike Kretzen, Valerie-Katharina Meyer
Mittagspause
Activité physique collective (facultatif)
14h30
Sharon Dodua Otoo & Kristin T. Schnider
Kristin T. Schnider et Sharon Dodua Otoo sont toutes deux nées à Londres et s’engagent de différentes manières dans l’espace germanophone, au niveau politique comme en tant qu’autrices. Dans les années 1980 et 1990, Kristin T. Schnider était une autrice à succès, avant de se retirer du milieu littéraire. Aujourd’hui, elle est identifiée comme une autrice suisse oubliée. Sharon Dodua Otoo a remporté le Prix Ingeborg Bachmann en 2016 et a prononcé en 2020 le discours de Klagenfurt “Dürfen Schwarze Blumen Malen?” (“Les fleurs noires ont-elles le droit de peindre?”). À Lausanne, elles parleront des traces d’une littérature germanophone féministe migrante, de modèles, d’obstacles et des différences entre la Suisse et l’Allemagne. Qu’est-ce qui était mieux avant? Qu’espèrent-elles de l’avenir?
Deutsch avec traduction simultanée en français.
Avec Sharon Dodua Otoo & Kristin T. Schnider, modération: Annette Hug
15h30-17h00
Ateliers d’action collective (2e session / 2. Runde)
Sur inscription.
Atelier: Éditer en féministes
En mai 2021, un collectif d’éditrices féministes publiait une tribune dans Mediapart pour défendre l’édition féministe via mais aussi au sein des maisons d’édition, c’est-à-dire non seulement dans les catalogues, mais aussi concrètement, dans les structures. Qu’est-ce que le féminisme dans l’édition, au-delà d’une thématique ? Comment veiller à mettre en œuvre une cohérence entre les visions du monde défendues par les textes et les pratiques éditoriales ? Confrontées aux lois du marché, les maisons d’édition doivent lutter pour leur indépendance et l’accessibilité de leurs textes tout en mettant des stratégies en place pour éviter l’(auto-)exploitation. Comment prendre soin les unes des autres dans ces circonstances, éditricexs, autricexs, traductricexs ? Dans les maisons indépendantes, ces défis sont d’autant plus présents que les chiffres de vente sont petits, la recherche de fonds une nécessité et les coûts de production élevés.
Lors de cet atelier, nous nous interrogerons sur l’édition féministe et l’apport féministe à l’édition via un échange d’expériences. Nous déboucherons sur un partage de ressources et d’outils concrets.
En français.
Avec Florence Robins & Juliette Rousseau
Atelier: Échange entre auteuricexs / traducteuricexs
Écrire, traduire et créer sont souvent des pratiques solitaires, marquées par le silence, le doute et un travail intérieur intense. Cet atelier souhaite proposer un espace sororal, un lieu d’échange et de partage autour du quotidien de l’écriture et de la traduction, des obstacles intérieurs et extérieurs, ainsi que des défis émotionnels et structurels. Comment l’origine, la langue, le réseau ou le manque de visibilité influencent-ils le travail créatif ? Comment faire face aux blocages, aux incertitudes ou aux voix — intérieures ou extérieures — qui affirment: « tu n’en es pas capable » ? À travers le dialogue et l’écoute mutuelle, l’atelier invite à partager des expériences, à développer des stratégies et à se renforcer collectivement. Il encourage à ne pas porter les difficultés seul·e, mais à les rendre visibles afin d’ouvrir ensemble de nouvelles perspectives.
Chacunex parle sa langue.
Avec: Migmar Dolma
Atelier: Prendre soin de la littérature
Prendre soin de la littérature, qu’est-ce que ça veut dire? Et qui prend soin de qui? Des textes, des voix, des espaces d’écriture et de lecture. Augusta Laar est écrivaine, plasticienne, musicienne ainsi que fondatrice et directrice du Schamrock Salon et du Festival international des poétesses de Schamrock à Munich et à Vienne. Celui-ci rassemble des poétesses de différentes langues, cultures et traditions poétiques qui, au fil des ans, forment un réseau féministe croissant. Pour cet atelier, Augusta Laar a choisi 5 poèmes tirés de différentes éditions de son festival qui ont durablement marqué sa pratique de l’écriture, de la lecture et de la programmation. Sur la base de ces textes, elle interrogera le travail derrière la littérature: l’endurance, la persistance, les obstacles, les ruptures, les exclusions, mais aussi la capacité de s’adapter à des conditions qui changent sans arrêt. Cet atelier porte sur la littérature non seulement comme œuvre, mais aussi comme relation: entre les scripteuricexs, les lecteuricexs et les structures qui rendent la littérature possible ou au contraire l’empêchent. Nous nous demanderons ensemble comment le soin comme attitude poétique, politique et pratique peut devenir effectif – et comment il modifie notre agentivité littéraire.
Deutsch avec traduction simultanée en français.
Avec Augusta Laar
Atelier: Cumul de casquettes
Si de nombreuses personnes rêvent encore de s’insérer dans le milieu littéraire, d’autres y cumulent les casquettes : certainexs sont à la fois auteuricex, traducteuricexs, éditeuricex et programmateuricexs, et/ou siègent dans tel et tel comité et jury. Une responsabilité apportant du savoir-faire et de la visibilité, celle-ci débouche bien souvent sur d’autres opportunités. Quels sont les risques d’une telle concentration des positions de pouvoirs, et quelles en sont les raisons ? Car dans notre milieu culturel, le pouvoir symbolique est rarement économique, et la précarisation comme l’absence de postes rémunérés conduit au cumul. Cette ambivalence en entraîne d’autres : quand on a mis le pied dans la porte et qu’on la tient à d’autres, que pratique-t-on ? De la cooptation, de l’entre-soi ou de la solidarité – voire tout cela à la fois ? Dans cet atelier, nous nous efforcerons de conscientiser les différentes casquettes que nous cumulons et les profils concernés, nous réfléchirons à la manière dont ces casquettes entrent en résonnance ou en conflit, et nous tenterons d’élaborer quelque chose qui ressemblerait à un code de conduite ou de bonnes pratiques.
Chacunex parle sa langue.
Avec Camille Luscher, Monique Kountangni
Activité physique collective (facultatif)
17h30
Il faut qu’on parle!
De l’extérieur, la scène littéraire suisse ressemble à un club fermé. Dans cette discussion ouverte, nous interrogerons les codes, les obstacles et les dissonances pour trouver des moyens de les contourner ou les supprimer. La littérature doit devenir un lieu ouvert, démocratique, appartenant à tout le monde. Pour lancer la discussion, trois intervenantes feront part de leur expérience: Qui peut penser et écrire dans ce pays? À partir d’où et de quand une société à deux vitesses devient-elle palpable? Quelles sont les bonnes pratiques desquelles nous pourrions apprendre? Cette discussion de clôture a pour but d’émettre ensemble des revendications envers le milieu littéraire.
Chacunex parle sa langue, traduction simultanée en allemand et en français.
Avec inputs de Annette Hug, Shpresa Jashari, Agnes Siegenthaler (LivrEchange)
Modération: Migmar Dolma & Philine Erni